L'air était chaud, humide, et c'était les nuages au loin, une espèce d'immense vortex
détraqué presque tourbillonnant, qui cachaient l'évanescence du soleil derrière la ligne d'horizon. Mais les derniers halos qui traversaient l'amas nuageux brillaient encore, transperçaient
éparsement l'énorme masse blanche, instable, tellement instable, qu'elle semblait pouvoir éclater à n'importe quel moment, à la manière d'une bulle d'air emprisonnée sous l'eau qui remonte
doucement à la surface, excitée de liberté, et n'attendant désormais plus que l'instant fatidique, ou propice, pour se briser comme une boule de verre ténue qu'on projete au
sol.
Subitement, ils réalisèrent que le gris avait recouvert la ciel, et soudain il
s'effondra, rompit le calme règnant, la première rafale de gouttes s'écrasa frénétiquement au sol. Et puis toutes les suivantes.
Les larmes du soleil heurtaient violemment le sol terreux, envahissaient les sous-sols,
puis coulaient doucement sur leur visage comme des gouttes de cire qui glissent le long d'une bougie encore allumée, des gouttes d'espoir, d'un espoir encore pas tout à fait déchu...
La noyade était proche.